Hardening

Sécurisation en Cybersécurité

Introduction

Le hardening (ou renforcement de la sécurité) consiste à sécuriser un système informatique, un réseau ou une application en réduisant sa surface d’attaque.

…​

Cela implique de minimiser les vulnérabilités potentielles en configurant correctement les systèmes, …​

…​

en supprimant les composants inutiles et en appliquant les meilleures pratiques de sécurité.

1. Objectifs du Hardening

Réduction de la surface d’attaque :

Limiter les points d’entrée pour les attaquants.

Renforcement de la résilience :

Augmenter la difficulté pour un attaquant de compromettre un système.

Protection contre les menaces connues :

Appliquer des correctifs et configurations pour se défendre contre les failles connues.

Conformité :

Respecter les normes et réglementations de sécurité (ex. : GDPR, ISO 27001).

2. Principes fondamentaux

Moindre privilège :

Les utilisateurs et services ne doivent avoir que les permissions nécessaires pour leurs tâches.

Suppression des composants inutiles :

  • Désactiver ou supprimer les services, logiciels et ports non utilisés.

Mise à jour régulière :

Appliquer les correctifs de sécurité pour combler les vulnérabilités.

Segmentation :

Isoler les services critiques dans des environnements distincts.

Audit et surveillance :

Surveiller les journaux et événements pour détecter les anomalies.

3. Approche par domaine

a. Hardening des systèmes d’exploitation

Windows :

  • Désactiver les services inutiles via services.msc.

  • Appliquer les mises à jour Windows Update.

…​

  • Activer le pare-feu Windows avec des règles spécifiques.

…​

  • Configurer les GPO (Group Policy Objects) pour imposer des politiques de sécurité.

  • Utiliser Windows Defender ou une solution antivirus.

Linux :

  • Désactiver les services inutiles avec systemctl disable.

  • Configurer iptables ou firewalld pour filtrer le trafic.

…​

  • Configurer les permissions des fichiers critiques (/etc/passwd, /etc/shadow).

  • Désactiver l’accès SSH root (PermitRootLogin no).

…​

  • Utiliser SELinux ou AppArmor pour le contrôle d’accès.

b. Hardening des réseaux

Pare-feu :

  • Configurer des règles pour autoriser uniquement le trafic légitime.

  • Bloquer les ports non utilisés.

  • Activer l’inspection des paquets.

Routeurs et Switches :

  • Désactiver les services inutiles comme Telnet, CDP ou LLDP.

  • Utiliser des mots de passe complexes pour les interfaces de gestion.

…​

  • Activer le protocole Spanning Tree Protocol (STP) pour éviter les boucles réseau.

  • Configurer des VLANs pour la segmentation.

VPN :

  • Utiliser des protocoles sécurisés comme OpenVPN, IPsec ou WireGuard.

  • Appliquer l’authentification forte (MFA, certificats).

c. Hardening des applications

Applications Web :

  • Appliquer les correctifs logiciels (CMS, frameworks).

…​

  • Utiliser des en-têtes de sécurité HTTP (Content Security Policy, X-Content-Type-Options).

…​

  • Protéger contre les injections SQL avec des requêtes préparées.

  • Activer le chiffrement (HTTPS avec TLS 1.2/1.3).

Bases de données :

  • Restreindre l’accès réseau aux seules IP autorisées.

…​

  • Désactiver les comptes par défaut (ex. : root sans mot de passe).

…​

  • Utiliser le chiffrement pour les données au repos et en transit.

d. Hardening des comptes utilisateurs

Authentification :

  • Utiliser des mots de passe forts ou une authentification multifactorielle (MFA).

  • Appliquer une expiration régulière des mots de passe.

Gestion des comptes :

  • Supprimer les comptes inactifs.

  • Restreindre les privilèges des comptes.

Surveillance :

Activer les journaux d’audit pour suivre les connexions et modifications.

4. Hardening dans le Cloud

IAM (Identity and Access Management) :

  • Utiliser le principe de moindre privilège.

  • Activer l’authentification multifactorielle.

Sécurisation des ressources :

  • Appliquer des pare-feu au niveau des ressources (Security Groups dans AWS).

  • Activer la journalisation (CloudTrail, Azure Monitor).

Stockage :

  • Chiffrer les données (at rest et in transit).

  • Restreindre l’accès public aux buckets ou volumes.

5. Outils et frameworks pour le Hardening

Outils spécifiques :

  • Lynis (Linux) : Audit de sécurité et hardening.

  • OpenSCAP : Vérification de la conformité et application de profils de sécurité.

…​

  • CIS Benchmarks : Recommandations spécifiques pour les systèmes et logiciels.

Automatisation :

  • Utiliser Ansible, Puppet ou Chef pour appliquer des configurations sécurisées de manière cohérente.

6. Bonnes pratiques supplémentaires

Documentation :

  • Tenir un registre des configurations appliquées pour faciliter les audits.

Formation :

Sensibiliser les administrateurs et utilisateurs aux meilleures pratiques de sécurité.

Tests de sécurité :

Effectuer des tests d’intrusion ou des analyses de vulnérabilités régulièrement.

…​

Avec ces mesures de hardening, vous réduirez considérablement les risques associés aux cyberattaques et augmenterez la robustesse de vos systèmes et réseaux.